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VENDREDI 29 MAI 2026125
Senior·Closer
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EHPAD·Article 1 sur 4

Fête des voisins et maisons de retraite en Fête: un rendez-vous solidaire contre l’isolement des seniors

Chaque année, la Fête des voisins déborde les trottoirs et les cours d'immeuble pour s'inviter dans les couloirs des EHPAD. Un geste simple, une présence, et quelque chose change.

VENDREDI 29 MAI 2026·Par agevillage

Une table de jardin pliante installée dans un couloir d'EHPAD, couverte d'une nappe à carreaux froissée, sur laquelle reposent deux verres de jus d'orange à moitié pleins et un bouquet de fleurs des champs posé en vrac, baignés d'une lumière de fin d'après-midi filtrant par une fenêtre hors champ.
Illustration générée par notre rédaction.

L'isolement ne ressemble pas toujours à ce qu'on imagine. Ce n'est pas nécessairement l'absence de monde autour de soi — c'est souvent l'absence de lien. Dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, des dizaines de résidents peuvent se croiser chaque jour sans vraiment se rencontrer, sans qu'un visage du dehors ne franchisse la porte. La Fête des voisins, chaque dernier vendredi de mai, tente depuis quelques années de corriger cela.

Un événement né dans la rue, qui a trouvé d'autres territoires

La Fête des voisins a été lancée en France au début des années 2000 par Atanase Périfan, élu parisien préoccupé par la déliquescence du lien de proximité dans les grandes villes. L'idée était modeste : pousser les habitants d'un même immeuble, d'une même rue, à se connaître autrement qu'en se croisant dans un couloir. Le succès a dépassé les espérances. Aujourd'hui, l'événement est célébré dans une trentaine de pays.

Mais la rue n'est pas le seul endroit où le lien manque. Les EHPAD, longtemps pensés comme des espaces à part — ni vraiment publics, ni vraiment privés —, ont progressivement été intégrés à la démarche. L'initiative "Maisons de retraite en fête" prolonge l'esprit de la Fête des voisins en direction de ces établissements : inviter les riverains, les associations locales, les familles parfois distantes, à franchir le seuil et à partager un moment ordinaire avec les résidents.

Ce que l'isolement coûte, concrètement

Les études sur le sujet convergent depuis des années. L'isolement social est associé à une dégradation plus rapide des fonctions cognitives, à une augmentation du risque dépressif, à une mortalité prématurée. Certains travaux le comparent, en termes d'impact sur la santé, à quinze cigarettes fumées par jour. Ce n'est pas une métaphore rhétorique — c'est une donnée qui a circulé dans des publications sérieuses, dont des travaux de l'université Brigham Young aux États-Unis.

En France, le rapport Longuet sur la silver économie, les travaux du Défenseur des droits, et plus récemment les enquêtes menées après la crise sanitaire de 2020 ont tous pointé la même réalité : une fraction significative des résidents en EHPAD ne reçoit aucune visite régulière. Pas par indifférence des familles, souvent — mais par éloignement géographique, par épuisement, par une forme de culpabilité paralysante que les professionnels du secteur connaissent bien.

C'est précisément dans cet espace que la Fête des voisins peut jouer un rôle que ni les soignants ni les animateurs ne peuvent tenir seuls : celui du lien informel, non institutionnel, non thérapeutique. La présence d'un inconnu bienveillant — un voisin de quartier venu partager un café, un enfant d'école primaire qui chante, un commerçant qui apporte des viennoiseries — a une valeur que les protocoles de soin ne savent pas mesurer mais que les résidents, eux, ressentent.

Ouvrir les portes : plus simple qu'il n'y paraît

Les établissements qui participent à "Maisons de retraite en fête" organisent des événements variés selon leurs moyens et leur ancrage local : repas partagés dans les jardins, concerts improvisés, expositions de travaux réalisés par les résidents, marchés internes ouverts au public. Certains EHPAD ont noué des partenariats durables avec des écoles ou des associations sportives à cette occasion — des liens qui perdurent bien au-delà du dernier vendredi de mai.

La logistique n'est pas l'obstacle principal. Ce qui freine davantage, c'est une représentation encore tenace de l'EHPAD comme lieu de fin de vie, espace de la maladie et du retrait. Cette image décourage autant les riverains que les familles. Pourtant, la plupart des établissements sont demandeurs d'ouverture. Les directions savent que le regard extérieur — celui des visiteurs, des bénévoles, des voisins — est aussi une forme de vigilance bienveillante, un contrepoids à l'entre-soi institutionnel.

La présence d'un inconnu bienveillant a une valeur que les protocoles de soin ne savent pas mesurer — mais que les résidents ressentent.

Ce que chacun peut faire, sans attendre une organisation

Participer à la Fête des voisins dans un EHPAD ne suppose pas d'être bénévole inscrit, ni de disposer d'un talent particulier. Il suffit souvent de contacter l'établissement le plus proche — la plupart ont un responsable animation ou une direction accessible — pour proposer sa présence le jour J, ou même en dehors de tout événement calendaire.

Les formes d'engagement les plus durables naissent rarement d'une grande décision. Elles commencent par un geste petit et régulier : une visite mensuelle, une lecture à voix haute, une partie de cartes. Ce que les résidents retiennent, ce n'est pas l'animation en elle-même — c'est d'avoir été vus, considérés, traités en égaux par quelqu'un qui n'avait aucune obligation de venir.

La Fête des voisins, dans ce contexte, n'est pas un événement. C'est un prétexte — au sens noble du terme. Une porte entrouverte pour ceux qui hésitaient à frapper.

Source : Agevillage.

Article original : Lire la suite sur agevillage.com

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