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MERCREDI 21 OCTOBRE 2026N° 145
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Finances·Article 1 sur 4

Hausse des retraites Agirc-Arrco de 1,4 % en novembre : CSG et cotisation maladie en garderont une part sur le virement de votre complémentaire

Le 2 novembre, les retraites complémentaires Agirc-Arrco ont été revalorisées de 1,4 %. Une bonne nouvelle, mais le virement net sur votre compte sera inférieur à ce qu'annoncent les manchettes — et l'écart mérite explication.

MERCREDI 21 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une table en bois clair, fin de matinée, avec un relevé de compte bancaire froissé posé à côté d'une tasse de café à moitié vide, la lumière rasante révélant les chiffres imprimés sans qu'on puisse les lire.
Illustration générée par notre rédaction.

Première revalorisation depuis deux ans pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco : le taux de 1,4 % est désormais acté. Mais entre le chiffre annoncé et ce qui apparaît sur le relevé bancaire, il y a un écart que beaucoup découvriront après coup. Cet écart n'est pas une erreur. Il est mécanique, prévisible, et il varie d'un retraité à l'autre.

Ce que "1,4 %" veut dire — et ce qu'il ne dit pas

La revalorisation s'applique à la pension brute. Or ce que vous percevez chaque mois, c'est le net après prélèvements sociaux. La hausse brute se répercute donc sur une assiette elle-même soumise à cotisations, ce qui réduit mécaniquement le gain net.

Le calcul souvent cité dans la presse — "14 euros de plus pour 1 000 euros de pension" — est juste sur le brut. Sur le net, le gain sera moindre. De combien ? Cela dépend de deux prélèvements principaux : la CSG et la cotisation d'assurance maladie.

La contribution sociale généralisée (CSG) est prélevée directement sur les pensions de retraite. Son taux varie selon le revenu fiscal de référence de l'année N-2 : certains retraités en sont exonérés, d'autres s'acquittent d'un taux réduit à 3,8 %, d'autres encore du taux normal à 6,6 %, voire du taux majoré à 8,3 % applicable aux revenus les plus élevés. La cotisation d'assurance maladie, elle, s'élève à 1 % pour les retraités du régime général — et s'applique également à la pension complémentaire Agirc-Arrco.

Concrètement : un retraité soumis au taux plein de CSG (8,3 %) et à la cotisation maladie (1 %) verra près de 9,3 % de sa hausse brute rester en route. Sur 14 euros bruts supplémentaires pour 1 000 euros de pension, il ne touchera donc qu'un peu plus de 12 euros nets. Pour un retraité exonéré de CSG, le gain net se rapprochera davantage du brut annoncé.

Pourquoi deux ans d'attente

L'Agirc-Arrco est un régime paritaire, géré par les partenaires sociaux — syndicats de salariés et organisations patronales. Sa gouvernance lui confère une autonomie réelle par rapport au régime général, dont les revalorisations sont fixées par l'État. Les deux régimes n'évoluent donc pas nécessairement au même rythme ni selon le même calendrier.

La dernière revalorisation Agirc-Arrco remontait à novembre 2022, où le taux avait alors atteint 5,12 % — un rattrapage exceptionnel lié à l'inflation. Depuis, les partenaires sociaux avaient choisi de stabiliser la valeur du point, dans un contexte de négociations sur l'équilibre financier du régime à long terme. La revalorisation de 1,4 % en 2024 marque donc une reprise, modeste mais réelle, après cette pause.

Le régime Agirc-Arrco représente pour beaucoup une part significative de la retraite totale — parfois entre 30 % et 60 % du revenu global selon la carrière. Son évolution n'est pas anecdotique.

Vérifier son virement : mode d'emploi

Comparer le virement de novembre à celui d'octobre ne suffit pas toujours à mesurer la hausse avec précision. D'autres variables peuvent avoir bougé entre-temps : changement de taux de CSG lié à une révision du revenu fiscal de référence, modification d'une retenue à la source, ou encore régularisation annuelle.

Pour isoler l'effet de la revalorisation, le plus fiable reste de consulter son espace personnel sur le site de l'Agirc-Arrco, où figure le détail des prélèvements appliqués à chaque virement. L'attestation fiscale annuelle, disponible en début d'année suivante, permet également de reconstituer l'historique avec précision.

Si le virement de novembre semble inférieur à ce que la hausse de 1,4 % aurait dû produire — même après déduction des prélèvements habituels —, il peut être utile de vérifier si le taux de CSG applicable a changé. Ce taux est révisé chaque année en fonction du revenu fiscal de référence de deux ans auparavant : une année de revenus plus élevés peut faire basculer dans la tranche supérieure, et réduire le gain net perçu.

Une revalorisation réelle, un gain net à calculer

1,4 % sur une pension complémentaire de 800 euros représente 11,20 euros bruts par mois, soit un peu plus de 130 euros sur l'année avant prélèvements. Ce n'est pas négligeable, même si cela reste en deçà de l'inflation cumulée depuis la dernière revalorisation. La prudence s'impose donc avant de comparer ce gain à la hausse du coût de la vie : les deux mesures ne se calculent pas sur les mêmes bases.

Ce qui compte, en définitive, c'est le net annuel — et la façon dont il s'articule avec l'ensemble des revenus du foyer. La retraite complémentaire n'est qu'une pièce du puzzle, mais une pièce dont les règles méritent d'être comprises pour ne pas lire les annonces à contresens.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com ↗

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