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Maladie d'Alzheimer : si vous aidez un proche malade, France Alzheimer vous forme gratuitement pendant 14 heures, avec un psychologue
Deux millions de personnes en France accompagnent au quotidien un proche atteint d'Alzheimer, souvent sans formation ni soutien. France Alzheimer propose un programme gratuit de quatorze heures pour changer cela.
VENDREDI 18 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier
On apprend à conduire, à cuisiner, à déclarer ses impôts. Personne n'apprend à accompagner un proche dont la mémoire s'efface. Pourtant, en France, environ deux millions de personnes se lèvent chaque matin pour faire exactement cela — gérer les médicaments, déchiffrer les formulaires, calmer une angoisse nocturne, expliquer pour la dixième fois qui elles sont. Sans manuel, sans filet, souvent sans relâche.
Quarante heures par semaine, parfois davantage
L'aide informelle à un proche atteint de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée dépasse fréquemment le temps d'un emploi à plein temps. Les études sur le sujet convergent : l'aidant principal consacre en moyenne entre trente et quarante heures hebdomadaires à cette présence, et bien davantage lorsque la maladie est avancée. Ce n'est pas de l'assistance ponctuelle. C'est une organisation de vie entière, reconstruite autour des besoins d'un autre.
La maladie d'Alzheimer suit une progression lente mais inexorable. Les premiers signes — oublis répétés, difficultés à trouver ses mots, désorientation dans des lieux familiers — précèdent de plusieurs années la perte d'autonomie sévère. Pour l'entourage, chaque étape réclame une adaptation nouvelle : comprendre ce qui se passe neurologiquement, ajuster sa façon de communiquer, anticiper les risques domestiques, tenir bon face à des comportements parfois déstabilisants comme l'agitation, la méfiance ou les fugues.
Or rien de tout cela ne va de soi. L'amour d'un conjoint ou d'un enfant ne suffit pas à savoir comment réagir quand un proche ne reconnaît plus son reflet dans le miroir, ou refuse de s'alimenter. L'improvisation permanente épuise. Et l'épuisement de l'aidant, bien documenté médicalement, finit par fragiliser aussi la personne aidée.
Ce que propose France Alzheimer
C'est précisément ce vide que tente de combler le programme Je fais le point, porté par France Alzheimer, la principale association française dédiée à cette maladie et à ses proches. Le dispositif s'adresse aux aidants familiaux — conjoint, enfant, frère ou sœur, ami proche — qui accompagnent au quotidien une personne diagnostiquée.
Le principe est simple : quatorze heures de formation réparties en plusieurs séances, animées par un psychologue, en petit groupe. Gratuites. Accessibles dans la plupart des départements via les antennes locales de l'association.
Le contenu couvre plusieurs dimensions que les aidants identifient eux-mêmes comme leurs angles morts : mieux comprendre la maladie et son évolution, adapter sa communication avec la personne malade, gérer les situations difficiles du quotidien, reconnaître ses propres limites et apprendre à les respecter. Ce dernier point n'est pas anecdotique. L'un des enseignements les plus constants de ces formations est que prendre soin de soi n'est pas un luxe — c'est une condition pour continuer à prendre soin de l'autre.
La présence d'un psychologue n'est pas décorative. Elle permet d'aborder ce que les guides pratiques ne disent pas : la culpabilité de ne pas en faire assez, la colère parfois, le deuil anticipé d'une personne qui est encore là mais déjà différente. Ces émotions, partagées en groupe avec d'autres aidants, perdent une part de leur charge isolante.
Pourquoi y aller maintenant
La Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, fixée chaque année au 21 septembre, est l'occasion pour France Alzheimer de rappeler l'existence de ce programme à ceux qui n'en ont pas encore entendu parler. En France, la maladie touche environ un million de personnes, mais ce chiffre ne dit rien des deux millions d'aidants qui gravitent autour d'elles — et qui, eux, ne sont comptabilisés dans aucune statistique sanitaire officielle.
La question du repérage reste entière. Beaucoup d'aidants ne se reconnaissent pas comme tels. Ils se vivent comme des conjoints, des fils, des filles — pas comme des aidants professionnels manquant de formation. C'est précisément ce que ce type de programme cherche à dénouer : non pas professionnaliser le lien affectif, mais donner des outils concrets à ceux qui ont choisi, ou qui n'ont pas eu d'autre choix, d'être là.
Pour trouver l'antenne France Alzheimer la plus proche et s'inscrire au programme, le site de l'association recense les contacts département par département. L'inscription ne nécessite pas de justificatif médical : la parole de l'aidant suffit.
Tenir seul n'est pas une preuve de force. C'est souvent la première étape vers l'épuisement.
Source : SeniorActu.
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