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Malus auto : avec votre carte d'invalidité, votre prochaine voiture échappe aux deux taxes, jusqu'à 80 000 €, même pour un SUV
Lors de l'immatriculation d'un véhicule neuf, deux taxes peuvent alourdir la facture de plusieurs milliers d'euros. Une carte d'invalidité portant la bonne mention les efface toutes les deux — y compris sur un SUV à 80 000 euros.
MERCREDI 28 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier
Le malus écologique et la taxe sur la masse en ordre de marche — le fameux malus au poids — figurent parmi les lignes les plus douloureuses d'une facture d'immatriculation. Ensemble, ils peuvent dépasser plusieurs milliers d'euros sur un véhicule récent, en particulier sur les SUV et les berlines familiales. Ce que peu d'acheteurs savent : une carte d'invalidité portant la bonne mention les supprime intégralement, sans plafond de cylindrée ni de puissance, jusqu'à 80 000 euros de valeur du véhicule.
Deux taxes, deux exonérations
Le malus écologique frappe les véhicules neufs en fonction de leurs émissions de CO₂. Le barème est progressif et s'est considérablement durci ces dernières années : un véhicule émettant 160 g/km peut se voir taxé de plusieurs milliers d'euros dès l'immatriculation. À cela s'est ajouté, depuis 2022, un second malus assis sur le poids du véhicule — déclenché au-delà de 1 600 kg, avec un tarif de 10 euros par kilogramme supplémentaire. Un SUV familial de 1 900 kg peut ainsi cumuler les deux pénalités.
L'exonération liée au handicap s'applique aux deux. Elle est prévue par le Code général des impôts et ne résulte pas d'une tolérance administrative : c'est un droit, à faire valoir au moment de la demande d'immatriculation. La condition est simple en apparence — présenter une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention invalidité — mais elle mérite d'être vérifiée avec soin avant de signer le bon de commande.
La mention qui change tout
La carte mobilité inclusion a remplacé depuis 2017 les anciennes cartes d'invalidité, de priorité et de stationnement. Elle se décline en trois mentions : invalidité, priorité et stationnement. Seule la mention invalidité ouvre droit à l'exonération des malus automobiles. La mention stationnement, pourtant plus répandue, ne suffit pas. La mention priorité non plus.
La CMI invalidité est attribuée aux personnes dont le taux d'incapacité permanente est égal ou supérieur à 80 %, ou qui perçoivent une pension d'invalidité de troisième catégorie. Elle est délivrée par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ou, pour les invalides de guerre, par les services de l'Office national des combattants et des victimes de guerre.
Autre point de vigilance : la carte doit être en cours de validité le jour de l'immatriculation, pas seulement le jour de la commande. Si une CMI arrive à échéance entre la signature du bon de commande et la livraison du véhicule — délai qui peut atteindre plusieurs mois sur certains modèles —, le renouvellement doit être anticipé. Un oubli sur ce point peut coûter cher.
Un plafond à 80 000 euros, pas d'exclusion par type de véhicule
L'exonération s'applique à tout véhicule neuf dont le prix n'excède pas 80 000 euros toutes taxes comprises. Ce seuil est suffisamment élevé pour couvrir la quasi-totalité des achats courants, y compris les SUV haut de gamme et les berlines de grande taille. Au-delà de ce montant, le malus reste dû, mais seule une minorité d'acheteurs se trouve dans cette situation.
Il n'existe pas de restriction liée au type de carrosserie, à la motorisation thermique ou hybride, ni à la puissance fiscale. Un véhicule diesel émettant 180 g/km bénéficie de la même exonération qu'une citadine essence à faibles émissions. L'administration ne juge pas ici l'empreinte environnementale du choix : elle applique une règle de droit liée à la situation personnelle du titulaire.
Comment faire valoir ce droit
L'exonération n'est pas automatique. Elle doit être déclarée lors de la demande de certificat d'immatriculation, en joignant une copie de la CMI mention invalidité. La démarche s'effectue en ligne sur le site de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) ou via un professionnel habilité — concessionnaire ou prestataire agréé. Le concessionnaire peut souvent gérer l'ensemble du dossier d'immatriculation, mais il appartient à l'acheteur de signaler sa situation et de fournir le justificatif.
Il est conseillé d'en informer le vendeur dès la négociation, non pour obtenir une remise supplémentaire, mais pour que le devis reflète d'emblée le montant réel à payer. Certains concessionnaires intègrent les malus dans leur prix affiché ; d'autres les ajoutent en fin de parcours. Clarifier ce point évite les mauvaises surprises à la livraison.
Enfin, cette exonération est personnelle : elle est attachée au titulaire de la carte, pas au véhicule. Si le véhicule est acheté au nom d'une tierce personne — même un proche — l'avantage ne s'applique pas. Le véhicule doit être immatriculé au nom du titulaire de la CMI, ou, dans certains cas, au nom d'une personne qui l'utilise exclusivement pour le transport de ce titulaire, selon les conditions précisées par l'administration fiscale.
Source : senioractu.com.
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