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DIMANCHE 25 OCTOBRE 2026N° 146
Senior·Closer
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Finances·Article 1 sur 4

Marine Le Pen a lancé sa campagne à Orléans : ce que la candidate du RN prévoit pour votre retraite, vos parents âgés et les aidants

Marine Le Pen a ouvert sa campagne présidentielle à Orléans en octobre 2025. Sur les retraites, le grand âge et les aidants, ses positions oscillent entre promesses anciennes et flou programmatique assumé.

DIMANCHE 25 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une affiche électorale froissée collée sur un mur de brique ocre, éclairée par la lumière rasante d'un matin d'automne, dont un coin se décolle lentement dans le vent.
Illustration générée par notre rédaction.

Lancer une campagne présidentielle, c'est d'abord choisir ses mots. À Orléans, devant les militants du Rassemblement national réunis en congrès à la Co'Met Arena, Marine Le Pen a choisi les siens avec soin : l'âge de la retraite, la dépendance, les aidants. Des thèmes qui touchent directement une large part de l'électorat qu'elle cherche à consolider. Ce que l'on sait de son programme sur ces questions est un mélange d'engagements anciens, de principes réaffirmés et de détails encore absents.

Sur les retraites : un cap connu, une mécanique encore floue

La position de Marine Le Pen sur l'âge de départ à la retraite est constante depuis plusieurs années : elle souhaite revenir à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, et abroger la réforme portée par le gouvernement Borne en 2023, qui a repoussé l'âge légal à 64 ans. Ce point a été réaffirmé à Orléans.

Le principe est simple à énoncer. Le financement l'est beaucoup moins. La réforme de 2023 a été justifiée, entre autres, par un argument démographique que personne ne conteste sérieusement : la France vieillit, le rapport entre actifs et retraités se resserre. Revenir à 60 ans pour certaines catégories de travailleurs coûterait plusieurs milliards d'euros par an — les estimations varient selon les hypothèses retenues, mais aucune n'est négligeable. Le RN n'a pas encore publié de chiffrage détaillé de cette mesure phare.

La candidate évoque également une revalorisation des petites pensions, notamment pour les femmes dont les carrières hachées ont produit des droits insuffisants. Là encore, l'intention est posée ; les modalités précises restent à venir.

Sur le grand âge : des engagements hérités de 2022

Pour ce qui concerne les Ehpad, l'aide à domicile et les aidants familiaux, les positions connues du RN remontent pour l'essentiel à la campagne présidentielle de 2022. Elles n'ont pas été fondamentalement révisées depuis, et le programme d'Orléans n'a pas apporté de précisions nouvelles sur ces points.

En 2022, Marine Le Pen proposait de créer un grand service public de l'autonomie, de renforcer les effectifs dans les Ehpad — un sujet devenu brûlant après les révélations sur les conditions d'hébergement dans certains établissements — et de mieux reconnaître le rôle des aidants, notamment par une indemnisation renforcée et une meilleure prise en compte de leurs droits à la retraite.

La question des aidants est particulièrement sensible. En France, on estime à plusieurs millions le nombre de personnes qui consacrent une part significative de leur temps à accompagner un proche en perte d'autonomie — un conjoint, un parent, parfois un enfant. Beaucoup le font sans statut clair, sans filet de sécurité, souvent au prix de leur propre santé ou de leur carrière. Le congé de proche aidant existe depuis 2020, mais il reste peu utilisé, peu rémunéré, et mal connu. Toute la classe politique s'accorde sur le diagnostic ; les solutions divergent sur le financement.

Ce que ce flou dit de la séquence politique

Il serait inexact de présenter ce manque de détail comme une spécificité du RN. En début de campagne, tous les candidats procèdent ainsi : on fixe des caps, on sonde les réactions, on affine ensuite. La présidentielle n'est pas attendue avant 2027 — à moins d'une dissolution ou d'une vacance du pouvoir. Il reste du temps pour préciser.

Ce qui est notable, en revanche, c'est la cohérence de la cible électorale. Les thèmes choisis à Orléans — retraite, dépendance, aidants — parlent directement aux générations nées entre 1955 et 1970 : celles qui approchent ou viennent d'atteindre l'âge de la retraite, qui ont souvent des parents très âgés à accompagner, et qui ont subi de plein fouet les effets de la réforme de 2023. Ce n'est pas un hasard si ces sujets ouvrent la campagne.

La question qui se pose à tout électeur attentif n'est pas de savoir si les intentions sont sincères — c'est un jugement qui appartient à chacun. Elle est de savoir si les promesses sont tenables, et à quel prix. Sur ce point, le programme reste à écrire.

Sur la scène d'Orléans, les grands principes ont été posés. Le détail de la réforme des retraites, lui, n'est pas encore public.

Source : SeniorActu.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com ↗

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